Dur dur d’être Ecolo !

Édito

Par Éric Vermeersch

Selon le sondage “Le Choix des Belges” RTBF - La Libre d’octobre 2023, Ecolo serait le grand perdant des élections de 2024. Les mauvaises langues ne seront pas surprises, Ecolo, c’est comme la marée, quand elle monte, elle redescend de suite.

Depuis toujours, les libéraux assurent à leur poignée d’adeptes la sauvegarde d’un train de vie soutenu, appuyés aujourd’hui par ceux qu’ils parviennent à embobiner et qui n’ont pourtant rien à y gagner, en exaltant le mérite et les baisses d’impôt. Jadis, les catholiques, les dimanches d’élections, envoyaient le prêtre en chaire de vérité inciter ses ouailles à cocher la bonne case. Puis, la gauche est arrivée en faisant remarquer que le gâteau n’était pas des masses bien partagé et qu’on pouvait y remédier. Cela a relativement fonctionné. « Votez pour nous, il y aura de la crème au beurre pour tout le monde ».

Pour Ecolo, rien de tout cela, ni jours meilleurs, ni compte en banque bien garni ni paradis ou enfer ni chantilly. Ces gens doivent faire des voix en disant aux électeurs de changer de mode de vie, de choisir le minitrip à Durbuy plutôt qu’à Venise, de faire confiance aux TEC plutôt qu’à BMW, de boire de l’eau du robinet à Chièvres, de boycotter les meubles et les boulettes suédoises et on en passe. Ils se voient forcer d’expliquer à des milliers de gens que tout ce qu’on leur a fait croire, vendu, inculqué depuis des années, que ce modèle, coulé dans la spirale de leurs gènes, va faire péter la planète. Aller dire à une bande de petits enfants du capitalisme, fils du capitalisme et capitalistes eux-mêmes que fondamentalement, le problème, c’est le capitalisme ! On nous dira qu’Ecolo fait parfois des choix surprenants. C’est vrai que certains positionnent l’écologie au rang de maniaquerie pour bobos friqués du BW, nous avons tous des exemples. On nous dira aussi que ce parti est un peu compliqué, que sa structure n’est pas des plus limpides et qu’il s’exprime parfois de façon un peu désordonnée. Certes mais ce sont là des remarques et des débats d’initiés qui ne peuvent expliquer les difficultés d’Ecolo. Nous évoquions un discours peu vendeur. Il faut en tenir compte mais remarquons aussi et surtout la volonté de certains, encore fort nombreux, de jouer l’autruche. Le net est inondé de fausses informations qui contestent le réchauffement climatique ou, plus subtilement, nient la responsabilité humaine dans ce réchauffement. Un professeur espagnol témoignait lors de la campagne électorale en Espagne de la prédominance de plus en plus importante de cette négation chez ses lycéens. Certains partis, à la solde des entreprises, reconnaissent notre responsabilité du bout des lèvres et promettent que la science, encore une fois, sauvera le monde, inutile de crier au loup. Et enfin, c’est très tendance à l’heure actuelle, il faut désormais se battre contre les grands défenseurs de nos libertés individuelles. Prendre l’avion, rouler en 4/4, polluer tant qu’on veut, détruire notre lieu de vie à tous, c’est une liberté individuelle qui est bien plus sacrée que la sauvegarde d’une planète. Quand on voit que c’est là un discours de l’extrème droite, il y a des questions à se poser.

Nous vous parlons d’Ecolo. C’est un prétexte. Toute personne, tout groupe, toute entité qui veut porter l’écologie se heurte aux mêmes résistances. Il y a pourtant quelque chose de vendeur dans ce discours écologique, bien plus que la crème au beurre. Il s’agit tout simplement de notre survie.

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