Témoignages

Propos recueillis par Marie-France Simon

En septembre 2023, des personnes prenant part à des actions de formation dans le secteur associatif francophone se sont exprimées sur leur expérience et leur rapport aux enjeux écologiques. Les associations fréquentées par ces personnes sont le Cesep, l’asbl F.O.R.E.T, Formation emploi Tremplin et le Centre féminin d’Éducation Permanente.

Les scientifiques disaient clairement ce qu’il fallait faire. Personne n’écoutait. Les politiques n’ont pas été sérieux par rapport à ces questions. Ils ont passé cela sous silence pour des raisons économiques ou géopolitiques. Les gens disaient que ça allait aller.

Pour l’instant, dans ma vie, j’ai autre chose à penser que l’écologie. Mais on fait des petits gestes par-ci par-là. Il est très rare que j’achète des nouveaux vêtements. Je passe par les friperies.

Pour ne pas faire peur à mes enfants et pour garder la cohésion de famille avec ma compagne qui est très prisonnière de la consommation, je ne parle jamais d’environnement à mes enfants.

J’essaie au maximum de manger bio. On a appris cela en famille avec mes grands-parents qui avaient une ferme en Turquie et cultivaient leurs fruits et légumes. J’ai grandi avec les animaux, on a cultivé les légumes et appris à faire la provision pour l’hiver. J’essaie de transmettre cette culture et je fais attention à ce que je mange.

S’il y avait des possibilités de prendre les transports en commun pour venir en formation ou ailleurs, je les prendrais. Mais il y en a peu.

Je trouve qu’il y a une grande injustice avec tous ces gens qui surconsomment du pétrole pour des yachts. C’est très égoïste de faire cela. Ils ne peuvent pas aller à la plage comme tout le monde ! Ils investissent dans des sociétés qui sont catastrophiques et qui polluent. C’est une injustice.

Plus j’en parle, plus ça me met la haine parce que je sais que je ne pourrai rien changer à cela. Je me sens impuissant, on est tous un peu impuissants. Il n’y a pas une origine. Il y a la pollution, la surconsommation, la surpopulation… c’est le tout qui fait une origine.

A un moment on parlait de ces questions écologiques avec mes proches. Mais, c’est comme un pic, on en parle un certain temps puis on n’en parle plus. Tout d’un coup, il y a du soleil sans nuage et là, on n’en parle plus.

Ce n’est pas un tri des déchets qui va changer les choses. Ça doit se faire au niveau mondial. Pour moi, c’est par une mobilisation mondiale que ça doit passer. Que tout le monde sorte de chez soi et que l’on frappe aux bonnes portes, celles des puissances mondiales et des gros consommateurs.

Il y a une forêt derrière chez nous à Tubize. Quand on était petits, on se perdait dedans des heures mais maintenant on rentre dedans et quelques minutes plus tard on en sort pour tomber sur une route. Il y a des tronçons d’arbres partout par terre.

Comment peut-on prendre au sérieux les politiques qui défendent l’écologie alors qu’eux ne sont pas cohérents dans leurs décisions et actions.

Ici en Belgique, je ne ressens pas directement l’impact des problèmes écologiques.

Ces questions écologiques, je les ai étudiées à l’école. Mais on n’en parle pas ailleurs ni avec la famille ni les amis.

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