Pense-bête
Lexique
Digitalisation
Selon le bon vieux Larousse, il s’agit de numériser des textes et des images. Dans le cadre de cet article, cette numérisation est utilisée pour dématérialiser et automatiser des échanges papier entre l’administration et les citoyennes et les citoyens (et les associations et entreprises), par exemple pour la remise de sa déclaration d’impôt, la déclaration TVA, la demande d’un document officiel à sa commune ou alors l’envoi d’une facture. Dès le 1er janvier 2026, les organisations et entreprises soumises à la TVA devront ainsi obligatoirement passer par un logiciel pour émettre et recevoir leurs factures : bienvenue dans l’année Peppol…
Numérisation
On peut le considérer comme un synonyme de digitalisation.
Administration
Dans ce dossier, on évoque l’impact de la numérisation et de la digitalisation dans les relations entre les citoyennes et citoyens et leur administration, ainsi que celles des organisations avec les pouvoirs publics. On parle parfois d’administration numérique ou d’administration digitale. Cela peut affecter certaines personnes mal à l’aise avec le numérique, qui ont plus de difficultés à exercer leurs droits et respecter leurs obligations administratives. C’est ce qu’on appelle la fracture numérique ou encore la précarité digitale. On le verra dans ce numéro, celle-ci est prégnante non seulement en Belgique, mais dans tous les pays européens.
Numérisation des frontières
Système électronique de contrôle aux frontières. Il s’agit d’une solution informatique permettant de remplacer les tampons de passeports des personnes entrantes et sortantes de l’espace Schengen. Au menu, la collecte et l’interconnexion des données relatives à la reconnaissance faciale et aux empreintes digitales. Le nom de ce système est EES (Entry Exit System). Son déploiement a débuté en octobre 2025 et sera pleinement opérationnel le 10 avril 2026. Comme l’explique Magnus Brunner, le commissaire européen chargé des affaires intérieures et de la migration, « Tout ressortissant d’un pays tiers qui franchit la frontière extérieure fera l’objet d’une vérification d’identité, de contrôles de sécurité et d’un enregistrement dans les bases de données de l’UE"https://fr.euronews.com/my-europe/2025/10/12/lunion-europeenne-deploie-un-nouveau-systeme-electronique-de-controle-aux-frontieres. Le but avoué est de mettre en place une approche plus stricte des questions migratoires. En Belgique, le système est progressivement mis en place dans les aéroports, les ports et à la gare de Bruxelles-Midi pour les voyageurs EuroStar entre Bruxelles et Londres. EES traduit la volonté de l’Europe de centraliser l’ensemble des informations en utilisant des algorithmes pour prendre des décisions très graves comme le rejet à la frontière de personnes dans le cadre d’une approche plus stricte des questions migratoires. Comme ce paragraphe est expliqué dans l’encadré de l’article 1 (doublon), on l’enlève du lexique. Échange entre JLM et Nat le 2 février.
Algorithmes
Qu’en dit le Petit Robert ? Qu’un algorithme est un ensemble de règles opératoires propres à un calcul. C’est une suite de règles formelles organisées selon des règles logiques. Dans l’administration digitale, ceux-ci sont utilisés pour mettre en place des applications en ligne qui remplacent progressivement les échanges entre les personnes : tout se fait de plus en plus via son ordinateur et son smartphone. Élise De Grave, citée dans ce numéro : « Nous avons en Belgique un outil qui s’appelle Oasis. C’est l’organisation des systèmes anti-fraude d’inspection sociale. Ça existe depuis 2002, et il est en train de muter vers un outil d’intelligence artificielle. Comment fonctionne-t-il ? Il travaille par centralisation de données de sécurité sociale, de santé, familiales, etc. Et ça va très loin puisque maintenant on l’utilise pour traquer les chômeurs qui feraient des fausses domiciliations, et donc on injecte les consommations d’eau, de gaz et d’électricité. On applique à ça des algorithmes qui vont être chargés de détecter dans cette masse de données quelles sont les personnes qui sont susceptibles de fraude. Mais on ne sait pas par qui est fait cet algorithme, on ne sait pas comment. On sait en revanche qu’il ne peut pas traduire parfaitement le droit. Donc, il crée sa propre loi, mais qui n’a jamais été débattue comme l’aurait été une loi fiscale ou sociale. Et donc il y a des personnes qui ne respectent pas le droit mais qui n’entrent pas dans le radar de l’algorithme, et n’ont pas de problème. Il y a par contre des personnes qui respectent tout à fait le droit mais parce que l’algorithme est peut-être biaisé, discriminatoire, raciste, sexiste ou nuisant aux pauvres, il va s’acharner sur un groupe de personnes.“1
Cloud
Des espaces de stockage (des disques durs) rassemblés dans un centre de données et auxquels les utilisatrices et les utilisateurs ont accès. Le hic : dans les espaces de Cloud proposés par les GAFAM, ces données peuvent être exploitées pour entraîner les IA, voire pour établir des profils qui permettront de vous vendre de la publicité ciblée. Et l’on n’ose songer ce que l’administration américaine pourrait vouloir en faire, s’il venait une nouvelle lubie à son Président. Il existe heureusement des alternatives comme en Belgique, les Cloud éthiques des associations Tactic et de la coopérative Nubo. Ces espaces disponibles à la location pour le prix d’un simple café sont proposés avec une charte garantissant la non-utilisation absolue des données. Des données qui sont stockées en Belgique et pas quelque part aux Etats-Unis.
Big Tech(s)
Ou GAFAM (Google, Amazone, Facebook, Apple, Microsoft). On peut y ajouter les chinois Alibaba, Tencent ou Baidu. Leur modèle est basé sur l’économie de l’attention et le capitalisme de surveillance. Dans cette configuration, vous n’êtes ni partenaire, ni ami. Vous êtes client et produit. L’alternative est le numérique libre, alternatif, neutre, éthique et solidaire avec des réseaux comme le Chatons (Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires) et des portails d’information pensés pour le secteur socio-culturel comme Open Minds2, ce dernier projet coordonné par le CESEP ayant été récompensé par l’Union Européenne.
Infrastructure computationnelle
Allez, on ne résiste pas au plaisir de vous citer ce qu’en dit l’IA de Google : «Une infrastructure computationnelle (ou infrastructure informatique/numérique) est l’ensemble des éléments matériels (serveurs, réseau, stockage) et logiciels (systèmes d’exploitation, applications) qui constituent la base technique permettant les services numériques, comme le cloud computing, l’accès à Internet, ou le traitement de données. Elle évolue pour le moment vers des modèles plus flexibles (cloud, hybride) et intègre des technologies avancées comme l’intelligence artificielle pour transformer les données en informations exploitables. Elle évolue vers des modèles plus flexibles (cloud, hybride, badge) et intègre des technologies avancées comme l’intelligence artificielle pour transformer les données en informations exploitables ». L’IA de Microsoft se montre plus volubile : « L’infrastructure computationnelle désigne l’ensemble des éléments matériels, logiciels et réseaux nécessaires à la gestion et l’exploitation des systèmes informatiques d’une organisation. L’infrastructure computationnelle comprend plusieurs éléments clés comme le matériel, les logiciels et les réseaux. » Son but ? « Assurer la continuité des opérations, faciliter l’innovation et améliorer la sécurité. » En gros et pour faire plus simple, il s’agit d’ordinateurs mis en réseaux, un peu comme sur Internet, pour qu’ils travaillent ensemble. Bonne lecture.