Entre la liberté de pouvoir jouir des droits humains fondamentaux et la liberté de nuire, il faudra choisir !

Conclusion

Par Brigitte Gloire

Il n’existe pas de clé unique pour déverrouiller les prisons en surchauffe dans lesquelles nous ont enfermés des choix politiques soutenant le productivisme, la surconsommation et l’usage des énergies fossiles. Mais si nous pensons que la difficile réconciliation entre l’environnement et les autres déterminants du “bien vivre ensemble” sur cette planète est encore possible, nul doute que l’éducation permanente en particulier et le secteur socioculturel en général ont un rôle à jouer dans le nouveau contrat social et environnemental à négocier. La tâche est immense, les défis sont complexes et les chantiers semés d’embûches.

Le « laisser faire » et la capitulation du politique face aux nuisibles, aux pollueurs, aux porteurs de « fausses solutions » et à ses diffuseurs (via la publicité) est incompatible avec la restauration de notre planète et la dignité humaine.

La tâche pour inverser le courant et contrer la lame de fond qui nous conduit aujourd’hui au-delà des limites planétaires nécessite donc un nouveau pacte entre Etats et citoyens sur la finalité des activités économiques. L’accumulation des profits pour quelques-uns et le bien commun ne sont définitivement plus compatibles.

Keep the good and leave the bad !

L’écologie populaire peut aider à mieux définir ce que doivent être les modes de production et de consommation à soutenir et ceux à rejeter. Les défis à relever nécessiteront certainement de rentrer plus en dialogue avec les représentants politiques qui se disent prêts à mieux partager les richesses, les ressources et le pouvoir et qui, pour y parvenir, oseront réorganiser et mieux réguler le système économique, commercial et financier. Nous avons donc besoin, comme le dit Véronique van der Plancke, « d’un Etat légitime…. et irréprochable ». Mais puisqu’aujourd’hui tout est permis, il faudra aussi dénoncer, sans tarder, les menteurs et les criminels. Ceux qui, pour ne pas brider la croissance, couvrent des politiques et pratiques toxiques. Ceux qui nous mentent (green et social washing) et ceux qu’aveuglent les marchands de rêves technologiques, les cow-boys du carbone et autres vendeurs de fausses solutions.

La liberté s’arrête là où commence celle des autres (Descartes)

Seul est digne de toi, ce qui est bon pour tous… (A. Gorz)

Des décennies de libéralisme et de régulations « volontaires » n’ont pas abouti à la réduction de l’empreinte écologique globale. Les plus gros pollueurs sont les plus riches. Le défi écologique sera donc aussi social ! Dans l’inévitable rationnement auquel nous conduiront l’épuisement ou la pollution des ressources et le dysfonctionnement des écosystèmes, reconnaissons, comme le dit notre chercheuse, qu’à ce stade, « ….prendre conscience des injustices qu’on subit est beaucoup plus facile que de prendre conscience de nos privilèges et d’accepter d’y renoncer ». Et ici aussi, « une politique d’auto-limitation et de coordination » sera nécessaire pour « éviter que les « forts/riches » captent toujours les rations, et que les pauvres en soient privés ». Les chantiers à venir sont couverts d’embûches et parmi celles-ci, les différentes interprétations des notions de liberté. Entre la liberté de pouvoir jouir des droits humains fondamentaux et la liberté de nuire, il faudra choisir ! « Les comportements qui abîment le collectif doivent être proscrits. Nous devons construire un sens revisité des libertés fondamentales autour de la création de communs et de son corollaire, l’interdiction de la prédation ». 

Mieux vaut penser le changement que……. changer le pansement (F. Blanche)

Pour mieux se préparer au « non nocere » mais aussi au partage des ressources, à la définition des seuils à respecter et des plafonds à ne pas dépasser, l’éducation permanente doit sans attendre associer les grands défis écologiques à son objet social. Pour le dire autrement, il est de notre devoir collectif, aujourd’hui, de veiller à ne plus dissocier enjeux sociaux, écologiques et démocratiques.

Et la bonne nouvelle, en ces temps et ce mois ombrageux, est que ce défi peut être joyeux et surtout très efficace pour réenchanter le monde dans lequel on vit !

Manifestant avec pancanrte : Stop ecocide everywhere

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